mercredi 31 octobre 2012

Première dégustation en maison de thé

Ma première vraie dégustation de thé, a eu lieu il y a une dizaine d'années, par un froid  et pluvieux après-midi hivernal.Cécile et moi nous étions réfugiée à la maison des Trois thés (depuis le temps qu'elle m'en parlait !), tenue par maître Yu Hui Tseng, rue St Médard . Histoire de se réchauffer et de savourer un moment intemporel.
(Je précise qu'à l'époque je n'avais pas de numérique alors toutes les photos viennent d'ici : http://unefeesurledos.wordpress.com)



Maître Tseng

Comment parler de Maître Tseng : véritable  oenologue? nez ? du thé... Ces thés sont tous savoureux, et d’excellente qualité (et je n’ai pas un nez, ni un palais particulièrement éduqués à de telle dégustation…) Elle se rend à l’autre bout du monde pour sélectionner ses crus, elle-même .
 C'est la première à avoir introduit en Europe la pratique du Gong Fu Cha. Ce terme désigne la maîtrise du temps et des gestes dans  la préparation du thé autrement dit l'art d'agir avec application. Ce n'est pas une cérémonie du thé comme au Japon, mais bien une méthode.
Nous avons eu le droit à une initiation en règle dont voici les différentes étapes :

  Placer la théière dans le bateau à thé (une assiette creuse suffisamment  large pour accueillir théière et tasses).
Versez (dedans et dessus) l'eau bouillante provenant de la bouilloire, pour rincer et chauffer la théière, puis vider son contenu dans un pot à thé .
Mettre la quantité de thé nécessaire dans la théière (2g par tasse environ et 2g pour la théière), le laisser transpirer quelques minutes, puis verser ensuite l'eau très chaude mais pas bouillante (pour ne pas cuir le thé) et mettre rapidement le couvercle.
Vider immédiatement dans le pot à thé avant que le thé n'infuse, ceci pour rincer et hydrater les feuilles. Verser le contenu du pot à thé dans le bateau à thé  afin de réchauffer la théière et les tasses.
Verser l'eau bouillante jusqu'au débordement afin de chasser l'écume, puis recouvrir. Arroser la théière pour la réchauffer. Laisser infuser le temps nécessaire, de quelques secondes à 1 minute selon le type de thé.
Verser l'infusion dans le pot à thé en laissant le contenu de la théière s'égoutter afin que les feuilles ne marinent pas dans un fond d'eau qui deviendrait rapidement amer. On en profite pour vider le bateau à thé dans la poubelle de table. 
Verser maintenant l'infusion contenue dans le pot à thé, dans la tasse à sentir et apprécier les premiers parfums dans la tasse à sentir pleine, puis la transvaser dans la tasse à boire.
Humer profondément et longuement les parfums successifs qui se dégagent dans la tasse à sentir vide. Enfin, déguster l'infusion à petite gorgées dans la tasse à boire. On peut retourner, entre chaque gorgée, humer les parfums qui évoluent tandis que la tasse à sentir refroidit. Selon le même procédé, on pourra répéter plusieurs fois l'infusion sur les mêmes feuilles avant de vider la théière.  
Cela peut paraître un peu pesant, comme technique, mais on prend vite le coup de main (sans être puriste, je trouve que le thé développe davantage ses arômes ainsi...). 
Et ces gestes précis permettent de se vider l'esprit, donnant à ce rendez-vous du thé une dimension vraiment relaxante. (Évidemment, je ne passe pas par la tasse à sentir !, mais pour l'avoir vécue je peux dire que c'est un vrai plaisir, égal à celui que peut éprouver un connaisseur de vin...)
   
Notre hôte, nous a également fait la démonstration de la méthode zhong recommandée pour les thés les plus fragiles...


Puis, il a évoqué pour nous quelques termes propres à désigner   les parfums  ( herbacé, fruité, fumé, de terre...), et les goûts que suggère la dégustation d'un thé (brioché...). je ne les ai malheureusement pas tous retenus ! Mais, j'ai le souvenir d'avoir fait sur le moment un beau voyage au pays des sensations. 
Il paraît que le thé (nature) que nous avions choisi dégageait 7 arômes différents. Mon palais ne m'a permis de n'en retrouver que trois...
Pour ceux, tentés par cette expérience, rassurez vous! Une fois les démonstrations effectuées, l'hôte vous laisse savourer votre thé à votre convenance ! (c'est assez cher pour deux thés, nous en avons eu à l'époque pour 17 euros mais la méthode Gong Fu cha, permet de passer votre thé plusieurs fois sans qu'il perde ses qualités ! Et puis, ce n'est pas quelque chose que l'on fait tous les jours !).

En tout cas cette première dégustation m'a vraiment laisser un souvenir d'un incroyable bien être, probablement augmenter par la présence de la douce Cécile... 
En y repensant, je ne peux m'empêcher à ce que nous enseignait M. Etoc, notre professeur d'Histoire géo de 3ème : "Le nuit Saint George, mes enfants, c'est un vin que l'on conserve précieusement, de longues années  et qui ne se partage et ne se savoure qu'en compagnie dun ami intime...".
La première fois, d'ailleurs, que j'ai savouré ce vin, nous étions dans sa maison de campagne et c'est lui même qui a débouché la bouteille pour les 20 ans de sa fille Isabelle. Autant vous dire que j'ai savouré ce moment avec une intense émotion ! 

Bonne et belle journée à tous et à toutes !




4 commentaires:

  1. Ah, zut! J'ai publié hier soir la 1ére maison! Ta 1ére dégustation m'a fait envie... Je boirai bien un thé!
    Du coup pourquoi je n'écrirais pas la mienne, de dégustation (je pense à un repas cuisiné par Bénou par exemple) , la semaine prochaine...

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  2. Chouette idée ! et j'essaierai quant à moi de rédiger ma première maison !

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  3. Je n'ai jamais eu le "nez" pour apprécier le thé comme toi, mais j'ai toujours eu plaisir à le déguster avec toi

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    1. Oh, oui, surtout quand le vent souffle dehors, que je me se sens si bien au chaud près de toi, et que l'on sait que l'on a tout notre temps pour bavarder, refaire le monde, s'inventer !...

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