En fin d'après-midi, je me suis posée sur un banc du parc et croyez-moi, j'avais vraiment la sensation que les canards se moquaient de moi , tant ils cancanaient !
Lorsque ma petite faë a voulu entrer dans ce monde, ce n'est pas sa tête qu'elle a présentée la première, mais sa main droite, sa façon à elle, sans doute, de s'ouvrir à lui.
Bref, il a fallu remettre un peu d'ordre dans tout ça, mais tout est bien qui finit bien, quelques instants plus tard, j'ai enfin pu la blottir au creux de mes bras, tout contre mon sein et me perdre dans la douceur de ses yeux gris... Bienvenue petite faë...
Aujourd'hui c'est une belle jeune fille pleine d'entrain, curieuse de l'Autre, aimant le monde, et capable d'engagement même si cela signifie de se dresser contre tout un groupe classe ou contre l'autorité ! Elle m'accompagne même dans les manifs. Sa grande sensibilité et son sens de la justice compliquent bien parfois nos rapports, mais c'est un plaisir de la regarder grandir et devenir adulte.
Ses hobbies les amies, internet et la lecture : elle dévore les livres avec une telle frénésie qu'il m'est parfois difficile de l'alimenter au rythme qu'elle souhaiterait !
Elle lit donc ENORMEMENT, elle dessine
Quelques uns de ses dessins, notez qu'elle dessine souvent sur ce qui lui tombe sous la main...
et... elle écrit également.
Voici un début d'histoire qu'elle m'a offert pour la fête des mères, comme une invitation à écrire à quatre mains... Qui sait peut-être un jour...
Chapitre I
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« Suis-je morte ? Je n’en ai pas l’impression… Mais alors d’où me vient cette sensation de flottement ? »
J’entrouvris faiblement les yeux et avant qu’ils ne se referment, j’eus le temps d’apercevoir une grande étendue bleue s’étirant à l’infini. Alors que je sombrais dans l’inconscience, on me frôla et je me sentis attirée vers le haut. On me hissa sur une surface plate et on me força à respirer, mais je n’en avais pas envie…
« Je veux simplement lâcher prise et dormir… »
J’entendis une personne à côté de moi appeler précipitamment quelqu’un avant que je me laisse aller à l’inconscience, accueillante et confortable.
Bip… Bip… Bip…
« Silence ! Arrêtez ce bruit, je veux dormir !... Oh et puis zut ! »
J’ouvris les yeux avec difficulté, pour tout de suite les refermer car une lumière aveuglante m’éblouit. Je réessayai et au bout de quelques clignements je parvins à les garder ouverts. J’entendis des pas précipités et des voix excitées. Une femme en blanc entra suivit d’une autre femme me semblant étrangement familière, mais que je ne reconnaissais pas. La première, qui je pense était médecin, était de taille moyenne, les cheveux blonds et les yeux bleus. La seconde était plus grande, des cheveux bruns foncés tirant vers le noir, les yeux marron et un doux visage. Elles s’approchèrent toutes les deux de mon lit, la première prenant la parole :
-« Vous vous sentez bien ? »
En guise de réponse je hochais la tête. Elle continua :
- « Vous vous trouvez au centre hospitalier de Vannes. Je suis le docteur Kenan. D’après ce que nous avons constaté vous vous êtes cognée la tête et cassée le poignet en tombant à l’eau, et vous avez perdu connaissance. Vous avez également plusieurs hématomes et quelques blessures, je pense que vous vous êtes égratignée dans votre chute. Quelqu’un vous a vu couler et a plongé pour vous sauver. D’après notre diagnostique vous aviez une chance sur quatre de ne pas tomber dans le coma : vous avez beaucoup de chance ! Il faudra par contre vous faire passer quelques examens. Je vais vous laisser vous reposer maintenant et n’hésitez pas à m’appeler s’il y a quoique ce soit. Je repasserai dans quelques heures. »
Le docteur sortit en refermant la porte, me laissant seule avec l’inconnue. Je vis qu’elle avait les larmes aux yeux et pourtant nous restâmes silencieuses pendant un moment. Elle me regarda alors avec tendresse et prit la parole :
-« J’étais très inquiète pour toi ! Ne te voyant pas rentrer à la maison, j’ai paniqué et j’ai appelé la police. Ils m’ont dit que ce n’était sûrement qu’une fugue ou que tu t’étais perdue étant donné que nous venions d’emménager. Ils m’ont dit qu’ils enverraient des agents pour te rechercher. Mais ils ne t’ont pas trouvée et tu as disparue pendant trois jours avant qu’on ne te retrouve ! Oh, je suis désolée ! Je ne voulais pas ça ! Si j’avais su … »
La femme pleura alors à chaudes larmes. Je la regardai incrédule ne comprenant pas qui elle était ni ce qu’elle voulait dire.
- « Excusez-moi, qui êtes-vous ? demandai-je avec difficulté.
- Tu… tu ne me reconnais pas ?! demanda-t-elle, les derniers mots se brisant dans la gorge.
- Je suis désolée, mais non. Je devrais ?
- Mais enfin Elya, je suis ta mère ! »
Effarée je restai muette. Ma soi-disant mère me regarda, les yeux emplis d’une immense tristesse.
-« Ne t’inquiète pas chérie, dit-elle, je reviens ! Je vais voir le médecin ! »
Je la regardais sortir me retrouvant seule avec mes pensées.
« Est-ce vraiment ma mère ? Mais dans ce cas, pourquoi je ne me souviens pas d’elle ? »
La porte s’ouvrit interrompant temporairement le flot de questions qui me venait à l’esprit. Ma « mère » revenait avec le docteur.
-« Je vais vous poser quelques questions, commença cette dernière. Comment vous appelez-vous ?
- Elya.
- Quel âge avez-vous ?
- Quatorze ans.
- Où habitez-vous ?
- À Vannes 13 rue du Chemin Noir.
- Vous souvenez-vous de ce qui vous est arrivé ? »
Je hochai négativement la tête.
-« Bon, vous souvenez-vous des quelques heures précédant votre accident ? »
Nouveau hochement de tête.
-« Vous souvenez-vous de cette personne ici présente ?
- Elle dit être ma mère, mais non, je ne me souviens pas d’elle.
- D’accord. Madame Lleudun, demanda-t-elle en se tournant vers cette dernière, pourriez-vous faire entrer votre famille, s’il vous plaît ? »
Ma « mère » ouvrit la porte et appela quelqu’un. Plusieurs personnes entrèrent dans la chambre. Tout d’abord un homme grand, plutôt mince, les cheveux bruns, le nez aquilin, les yeux bleu-vert et des lunettes, ayant, je dirais, la quarantaine ou moins. Vint ensuite un jeune homme un peu plus grand aux cheveux châtains, le visage fin, des yeux marron-vert, suivit d’une jeune fille, je pense, pas beaucoup plus âgée que moi, de taille moyenne, des cheveux bruns, habillée élégamment. Pour finir une seconde jeune fille mais cette fois-ci à n’en pas douter plus jeune que moi avec les cheveux bruns clairs, des joues rondes, des yeux marron, profonds, habillée d’une longue robe bleue.
-« Continuons, reprit le docteur Kenan. Vous souvenez vous d’une de ces personnes ?
- Non. Mais elles me semblent familières…
- Bien. Nous allons vous faire passer un scanner pour voir si votre cerveau n’a pas subi de lésion pendant la chute. Ces personnes sont votre famille : votre père, votre grand-frère et vos deux sœurs ».
Elle quitta la chambre et me fit transportée dans la salle de radiographie. On me déposa dans une machine, quelques minutes plus tard j’étais de retour dans ma chambre, entourée de « ma famille ».
« - Alors docteur, demanda ma mère, est-ce grave ?
- Non, son cerveau n’est pas endommagé mais elle subit une petite amnésie post-traumatique, ce qui est assez fréquent, tout devrait rentrer dans l’ordre d’ici quelques semaines. Nous allons vous mettre en relation avec le psychologue de l’hôpital qui pourra l’aider à retrouver la mémoire.
- Merci ! Quand pourra-t-elle sortir ?
- Nous allons la garder en observation quelques jours, histoire de nous assurer que tout est bien en ordre, puis si tout va bien vous pourrez la remmener chez vous en fin de semaine. Si elle veut bien, vous pouvez rester encore un peu avec elle. »
Mes parents s’assirent près de moi et attendirent que je m’endorme, mon père me tenant la main tandis que ma mère me chuchotait des mots doux.
Chapitre II
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Je finissais de rassembler mes affaires avec l’aide de ma mère quand mon père est arrivé pour nous emmener. Cela faisait exactement une semaine que j’avais eu mon accident. J’avais refait connaissance avec mes parents, mon frère et mes deux sœurs mais il me restait encore beaucoup à réapprendre et je me devais de retrouver mon « chez moi » mais dont je ne me souvenais pas.
« La maison … »
Ma mère me la décrivait et me la montra lorsque nous fûmes arrivés. J’entrais par une grande porte et un hall spacieux s’ouvrit à mes yeux. Mes parents me refirent découvrir toutes les pièces de la maison et nous finîmes par ma chambre. Ils m’avaient réexpliqué que nous l’avions acquise « à pas cher » grâce au divorce des anciens propriétaires.
Lorsque nous finîmes de dîner, je dis bonne nuit et je montai me coucher. J’observai ma chambre du sol au plafond et m’allongeai sur le lit. Je m’endormis presque immédiatement et je commençais à rêver.
-« Non, laissez-moi !!! Au secours ! Aaaaaaaaaaaaaaah !!!
Quelqu’un me secouait et m’appelait, je me réveillai en sursaut.
-« Elya, chérie ! C’est fini, je suis là ! Tu as fait un cauchemar ? »
Je hochai la tête en silence encore toute retournée. Les images de mon cauchemar m’emplissaient encore l’esprit. Je frissonnais des pieds jusqu’à la tête et mon père qui arrivait me ramena une couverture supplémentaire et un verre d’eau. Mes sœurs, Aela et Ailina, ainsi que mon frère, Nenan, arrivèrent brusquement et celui-ci demanda ce qu’était ce cri qui les avait réveillés. Mon père les rassura et leur demanda de retourner se coucher. Ma mère resta jusqu’à ce que je me calme et sortie en éteignant la lumière. Pourtant, je ne réussis pas à me rendormir avant une bonne heure, tant j’étais effrayée.
Chapitre III
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Il était l’heure de rentrer en classe lorsque ma mère vint me réveiller. Je me préparai en dix minutes et pris un rapide petit déjeuner avant de monter dans la voiture. La journée commençait bien !
Arrivée au collège, je fis un passage dans le bureau du directeur adjoint et je montais en classe.
Je frappai et entrai. Le professeur me fit signe de m’assoir quand je vis que les élèves me dévisageaient. Je m’assis à ma place essayant de ne pas y prêter attention, mais je me sentais mal à l’aise de ne pas être capable de mettre un nom sur ces visages. Me sentant décalée par rapport à la classe, j’’attendais avec impatience la sonnerie pour échapper à cette atmosphère étrange. Mais alors que je sortais, j’entendis quelqu’un m’appeler et je me retournai. Une jeune fille grande et blonde, habillée d’un débardeur bleu ciel et d’un short crème me faisait signe suivi de deux garçons. Le premier était grand et mince mais avait les cheveux de la même couleur noisette que les miens et de beaux yeux marron. Ils me rejoignirent rapidement et commencèrent à parler :
- Alors, ma vieille, paraît que t’as failli te noyer ? commença l’autre garçon.
- « Arrête Peter, c’est pas drôle ! »
La fille blonde se tourna vers moi et continua :
- « On nous a raconté ce qui t’était arrivé et que tu souffres d’amnésie. Tu te souviens de nous ?
- Non, je ne me souviens de rien, ni de personne hormis mon nom, mon âge, la ville où nous habitons et notre pays, je suis désolée…
- Eh bien, je pensais que tu te souviendrais au moins de nous ! Mais t’inquiète ! On va t’aider ! dit le dénommé Peter.
- Commençons par les présentations ! Le garçon aux cheveux noirs qui n’a pas beaucoup de tact, comme tu l’as compris, c’est Peter Legareck, le garçon aux cheveux noisette, qui n’a pas daigné ouvrir la bouche, c’est Arthur Cahan, et moi, c’est Anna Legareck. Et oui ! Je suis la jumelle de Peter ! Et c’est pas un cadeau ! On se connaît depuis l’enfance! Petite précision, nous sommes inséparables, maintenant si tu as besoin de nous questionner, t’hésite pas !
- Merci ! »
Nous discutâmes tout le reste de notre temps libre et nous ne nous quittâmes qu’à la fin de la journée. Au moment de nous séparer, Anna se tourna vers moi et me dit :
-« Je me demande bien quand même ce que tu étais partis faire sur cette falaise… ? »
Je rentrais chez moi avec Aela , contente que mes amis soient aussi compréhensifs. A table mes parents me questionnèrent :
- « Alors, comment ça s’est passé aujourd’hui au collège ?
- Bien ! au début les élèves me dévisageaient comme si j’étais une revenante, mais mes amis m’ont aidée en me rappelant qui ils sont.
A la fin du repas, j’étais exténuée et j’allais me coucher. C’est alors que la question d’Anna revint me tourmenter. Je finis par sombrer dans le sommeil et commençais à rêver.