Aujourd'hui c'est la révolte, la désespérance, l'incompréhension qui me font prendre la plume.
Dans mon école nous avons un petit garçon, appelons-le C, scolarisé en CE1.
Il est déjà malheureusement, passé par un trop grand nombre d'écoles.
L'éducatrice de l'ITEP est parvenue à nous l'imposer par un tour de passe-passe. Tout le premier trimestre, nous avons donc supporté ses hurlements dans le couloir (qui au début terrorisaient nos élèves) , ses injures, ses morsures, ses coups, ses lancés de chaises sur les adultes de l'école.( bien évidement avec une A.V.S à temps partielle. Pourquoi lui en attribuer une à temps plein, on se le demande ?) Son institutrice a fait un travail incroyable avec lui, en parvenant à lui faire accepter de rester en classe une matinée entière, de participer à la vie de classe et à faire le travail demandé. Ce qui est déjà énorme pour lui.
Cependant, parallèlement, le climat familiale s'est très largement dégradé au point :
- que sa maman un vendredi soir a téléphoné à notre inspectrice pour la supplier de trouver une solution pour son fils parce qu'elle craquait complètement et quelle ne le supportait plus.
- qu'elle en est rendue à l'enfermer, seul, dans l'appartement pour ne pas commettre l'irréparable.
- qu'il a planté un couteau dans la cuisse de sa mère,
- qu'il s'est livré à des attouchements sur une petite fille de sa classe.
- que son enseignante et la directrice ne cessent de rédiger et d'envoyer au procureur des fiches d' Informations préoccupantes.
- qu'il y a une semaine on était obligé de l'évacuer par le SAMU suite a une fugue et une crise de nerf encore plus violente que d'habitude.
L'inspectrice nous a assuré alors, qu'il était hors de question qu'il revienne en classe sans l'accord du médecin scolaire.
Le pédo-psychiatre qui l'a examiné à son arrivée à l'hôpital a recommandé son hospitalisation et l'a placé sous une dose massive de psychotrope. L'hôpital a renvoyé l'enfant chez lui !
L'assistante sociale et l'éducatrice ont saisi à plusieurs reprises le service d'aide à l'enfance en demandant un placement.
La personne en charge du dossier, dans ce service, leur a répondu que : "la situation de C ne nécessitait pas de placement et qu'elle savait faire son travail, elle."
Vendredi dernier, soit trois jours après l'intervention du SAMU, le médecin scolaire a vu C et l'a déclaré apte à revenir en classe du moment qu'il prenait bien son traitement.
Bilan : lundi matin nous avons vu C arrivé à l'école bien remonté, mais étant sous traitement il n'a pas fait de crise...
Cependant, il a pu expliquer à son AVS et à sa maîtresse qu'il était en colère parce qu'il ne voulait pas venir à l'école, et que maman l'avait puni de petit déjeuner pour ça. (Nous étions quand même a des températures inférieures à zéro.)
Peu après la récréation, il est devenu tout pâle et a déclaré ne pas se sentir bien du tout. Puis il s'est endormi sur sa table.
L'éducatrice pense que c'est une bonne chose qu'il vienne à l'école parce qu'au moins là, dit-elle, il est en sécurité.
Il y a quelques mois maintenant nous avons déjà eu, dans notre ville, le cas de la petite Marina. Une petit fille déclarée attardée mentale légère, qui malgré de très nombreux signalements au procureur et au service d'aide à l'enfance a été laissée aux bons soins de ses parents.
Jusqu'au jour où, ses propres parents, l'ont assassinée.
Après quoi, nous avons eu droit au mea culpa du service d'aide à l'enfance et du procureur. (C'est encore sur le net : tapez affaire Marina Le Mans)
Mais aucunes sanctions n'a été prise à leur encontre ! Bien sûr ils savent faire le travail eux.
Et aujourd'hui, on se retrouve dans le même scénario cauchemardesque.
A l'école, nous sommes tous en colère, parce que nous sentons bien que cet enfant est en grand danger, et que toutes les sonnettes d'alarmes dont nous disposions ont été tirées or il ne se passe rien ... absolument rien !
Ah, si ! Nous avons gagné quelques heures supplémentaires pour son A.V.S. ET une hypothétique prise en charge totale par l'ITEP en.... septembre 2012.
A moins que d'ici là, malheureusement, un drame n'éclate.
Soit qu'il sera passé à l'acte sur lui-même ou sur sa mère.
Soit que sa mère sera passé à l'acte sur lui. Après tout maintenant elle a même une arme remboursée par la sécurité sociale !
A préciser que dans le même temps le gouvernement est capable de trouver le financement pour extrader vers la Pologne trois enfants tchétchènes et leur mère. Les séparant de leur père qui n'était pas dans l'appartement lorsque la police est venue saisir la famille.
