Compliment à H qui pendant son "conseil de discipline " (ce qui est hors la loi à l'école primaire !) a su rester stoïque face à nous adultes qui le fustigions pour son comportement, sans nous interroger du pourquoi de ce comportement.
A le voir serrer les poings sous la table (à en avoir les phalanges totalement jaunies) chaque fois que sa maîtresse s'adresser à lui, je pense qu'il aurait été utile de le laisser s'exprimer sur les raisons de sa colère. Connaissant les méthodes de ma collègue (elle a travaillé avec moi en tant que maîtresse surnuméraire... Je sais qu'elle n'a pas la langue dans sa poche et qu'elle a la moquerie extrêmement facile vis à vis des élèves, il lui arrive de dire à certains qu'ils sont des mollusques...), je pense que cet élève a un fort arriéré vis à vis d'elle et que notre rappel à la loi et nos menaces n'ont aucune chance d'avoir son oreille, tant qu'il aura ce sentiment d'injustice encré en lui... J'admire son esprit de résistance, même si malheureusement il se retourne contre lui. J'espère que le collègue qui lui a été assigné comme tuteur saura lire en lui, et verra que si cet enfant (CM1) en est rendu là, c'est qu'il est en souffrance et pas seulement par rapport à ce qui peut-être se joue dans sa famille, mais également dans sa classe.
Merci, H parce que ton attitude m'a démontré que je suis sur le bon chemin lorsque je pense reconstruction de l'image de soi, m'a montré également que je ne devais pas baisser les bras, même si dans une telle instance je ne pouvais que me taire, de crainte d'aggraver ton cas et de me fermer à jamais l'oreille de mes collègues. Aujourd'hui tu as résisté pour deux ! Je m'engage à discuter avec ton tuteur pour tenter une autre approche avec toi...
Tiens! Curieux? H comme moi! Cela me rappelle quelques souvenirs, je ne suis jamais passé en conseil de discipline mais moi pour me faire entendre, à sa place, j'aurai renversé la table ou balancer une chaise sur l'instit responsable de cette convocation. J'ai plus modestement menacé d'un lancer de trousse mon instit de CM2 pour défendre l'honneur de ma Bretagne. en CE1 J'ai fais tomber, d'un coup d'épaule, la porte ou plutôt le panneau de bois qui donnais accès au préau et sur le quelle pendait les instruments de géométrie en bois, ainsi que les triques de bambou et le nécessaire au nettoyage de la classe, qui s'y trouvaient appuyés, ceci alors que j'avais été injustement mis au coin devant. J'avais la rage contre l'injustice des grands. Je pense que petit H ressent la même chose que moi à cette époque. Il faut absolument faire quelques choses pour lui. Il aura un manque d'affectif qui pourrai altérer son comportement social, voir en famille. Je sais ce qu'il m'en coûte encore aujourd'hui, chaque jour, chaque nuit.
RépondreSupprimerChaque jour, chaque nuit, je fais mon examen de conscience, mon auto psychanalyse. Bien-sur, j'ai grandit mais j'ai gardé mon âme d'enfant, parfois je dis : " Peter Pan, c'est moi!".
RépondreSupprimerCependant, je relis ma vie à travers elle. Elle met de coté la plus part de mes joies d'enfant, car on ne regrette aucune d'elle. Elle examine les petits travers, les petits regrets, les faiblesses, les petites et les grosses victimisations qu'elle a subit et leurs inverses, les grosses et petites culpabilisations qu'elle a reçue des grands, comme des autres enfants et jusqu'à l'age adulte. Les remords et le repentir ponctuent tout cela plus ou moins violemment et c'est ce qu'il m'en coûte. J'ai appris le Pardon, je le donne volontiers, sauf à moi. Je n'oublie pas les évènements et les personnes qui m'ont aidé à me construire, voir à me reconstruire. Ce sont ces rencontres que je souhaite à petit H et plutôt il en fera, mieux cela sera pour lui.